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A deux semaines de l'ouverture de la conférence annuelle sur le climat à Poznan (Pologne), le Secrétariat de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CNUCC) souligne que les émissions de gaz à effet de serre (GES) dans les pays industrialisés continuent d'augmenter...
"La hausse des émissions reste un sujet de préoccupation", a indiqué Yvo De Boer, le Secrétaire de la CNUCC, en présentant lundi 17 novembre à Bonn l'inventaire 2006 des émissions des pays industrialisés. Ces données seront exploitées pour la conférence des Nations Unies à Poznan où sera négocié la définition d'un nouvel accord destiné à lutter contre les causes des changements climatiques pour la période post Kyoto.
Si l'on considère la période 1990-2006, les émissions en gaz à effet de serre des 41 pays industrialisés signataires de la convention (dits de l'Annexe 1) ont globalement baissé de 4,7% (sans compter les puits de carbone, les émissions liées au changement éventuel d'utilisation des terres et à la sylviculture). Cependant, entre 2000 et 2006, les émissions de ces mêmes pays ont augmenté de + 2,3 %.
Ces résultats mitigés s'expliquent en grande partie par le déclin, dans les années 90, des économies de transition en Europe de l'est et en Europe centrale (- 37,6% à elles seules) après la fermeture du nombreuses installations énergétiques et industrielles obsolètes (- 52% en Ukraine, - 56% en Lettonie, - 44% en Roumanie...) Il ne s'agit donc pas du résultat de mesures volontaires visant à diminuer les émissions de gaz à effet de serre. En effet, depuis que les économies de l'Europe de l'est se relèvent, leurs émissions ont augmenté entre 2000 et 2006 ( + 7,4 %) et influent de nouveau les statistiques globales des pays industrialisés selon M. De Boer.
Au final, les émissions en GES sont davantage liées à la capacité de production et à la santé économique d'un pays qu'aux engagements parcimoniques et frileux des grands pays industrialisés sur la question du changement climatique. Et il en va ainsi pour l'infime régression - un "ralentissement de la hausse" - des émissions entre 2005 et 2006 (- 0,1 %) conséquence d'un "hiver relativement doux et des prix du pétrole relativement élevés" pour l'Europe et les Etats-Unis, a rappelé M. De Boer.
Dans les pays industrialisés, l'Australie (+ 28,8 % par rapport à 1990), le Canada (+ 21,7 %) et les Etats-Unis (+ 14,4 %) restent les mauvais élèves de la classe, tout comme l'Espagne (+ 50,6 %) et le Portugal (+ 40 %) en Europe.
Enfin, pour les pays industrialisés qui ont signé le Protocole de Kyoto (183 membres dont 37 soumis à des quotas obligatoires), les émissions de gaz à effet de serre pour l'année 2006 étaient de 17% en-dessous du niveau admis dans le cadre du Protocole, mais avec une reprise de la hausse depuis 2000, ce qui est à la fois louable mais inquiétant.
Rappelons que les 37 pays industrialisés engagés par le protocole de Kyoto devront réduire globalement leurs émissions de gaz à effet de serre d’environ 4% en 2008-2012 par rapport au niveau atteint l'année de référence (bien souvent 1990).
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Références
Press briefing on Key Greenhouse Gas Data and expected outcomes of PoznańLiens
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Christophe Magdelaine - notre-planete.info (tous droits réservés)